vendredi 1 janvier 2016

Nouvelles de Janvier 2016

01 - La maison dort ! Pour commencer l'année, je ne résiste pas et publie ce ciel magnifique que m'a adressé Michelle. "Ce que je vois de ma fenêtre" me dit-elle. Espèrons que cette beauté, ce calme soit un bon présage pour l'année qui commence - Le prix du rêve reste - encore - stable. 
Pour Janvier lire Giono, Pirotte, Claudel. Ecrire un peu et envoyé ce que j'ai laissé sous le coude. Essayez de poursuivre la revue et le Tire-langue mais sans pression (2+1) Préparer le projet avec Werner et achever celui avec Jean. Publier (peut-être) un livre ici ou plutôt là. Vers les amis qui voudront et accepter l'absence des autres... Et surtout cheminer avec celles qui comptent le plus pour moi... Putain de programme mais pas de bonne résolution de début d'année !
02 - Journée qui commence  comme bien d'autres. Ordinateur tôt. Travail des corrections sur A quoi servent les souvenir puis réponds aux vœux d'anniversaire et d'année (damné ?) les joies du groupé. Puis envoie quelques poèmes à une revue, ils seront traduits en roumain par Daniel Dragomirescu
qui m'en avait demandés. Plaisir de traîner un peu. Après-midi, extérieur. Avec Pierre on "déplace du bois". Trempés ! Chocolat chaud partagé. Puis repas anniversaire avec ML les filles (moins Nanou) et Raphaël. Le jeu de la balance me rappelle cruellement à l'ordre. Suis couché quand H. me crie de sa chambre : "Delpech est mort !" Triste ! Du passé qui s'efface.
03 - Nuit difficile. Elle se suivent et se ressemblent, insomnie de milieu de nuit - de 2h à 5h environ - puis retour éclair chez Morphée. A la longue s'est épuisant. Ce matin second série de réponse aux vœux. Puis j'écris ces lignes en me disant que je devrais parler d'autres choses, mais à quoi bon ? Politique, économie... etc. Mon action dans ces domaines est plus que limitée, je ne puis qu'agir au mieux, en citoyen tant que faire se peut. Pour le reste ma vie est là... et dans les mots que je trace sur le papier pour moi-même et quelques autres. Ce matin message de Jean-Marc à propos de Courir l'arc-en-ciel : B.A..T Merci de TON amitié ! Très émouvante, cette nouvelle ou ce récit auto-bio ; comme souvent, ton écriture remémore (remet/mord ou mort), à peine, par petites touches : aux lecteurs de remplir l'espace, voire spasmes, entre les lignes... (de l'âme, hein ?) 
Bien sûr ce sont là propos d'un ami donc sujet à subjectivité. Mais cela réconforte tout de même. 
- 17H - Tout le monde est parti ! En ouvrant FB une confirmation, si partout l'an neuf commence le premier janvier, il est des latitudes où ce premier de l'an est plus balnéaire qu'à d'autres.
04 - Reprise ! Mais avant tout, ce matin réception des épreuves du 30. A suivre donc mais je voudrais avant tout en terminer avec l'impression de la version "revue" du livre de Jean-Claude (2e éditions).
Trouvé ce matin un livre de Jacques Prevel qui vient de sortir, il y rapporte ses souvenirs d'Antonin Artaud. Il note tout et même le reste.
« Il y avait Antonin Artaud. Je vivais», écrit Jacques Prevel, qui fut le type même du poète maudit, éditant à compte d’auteur ses trois maigres plaquettes, et se plaignant tout le jour de son sort, du manque d’argent, de la solitude.
Pendant deux ans, de 1946 à 1948 (mort d’Artaud), il fréquente assidûment l’auteur du «Pèse-nerfs», et note dans son journal ce qui est arrivé: lui a-t-il serré la main ou seulement tendu deux doigts, lui a-t-il demandé du laudanum, lui a-t-il donné de l’argent ? Le soutien que s’apportent ces deux-là ressemble à l’alliance de l’aveugle et du paralytique. Artaud, qui revient de son asile de Rodez, est à peu près fou (ce que les psychiatres appellent fou) et Prevel ne vaut guère mieux. 
Mais 2016 c'est aussi et j'espère que beaucoup d'autres s'en souviendront l'année du centenaire de la naissance de Léo Ferré, Monsieur Léo ! Je souviens de notre rencontre à Rennes au début des années 80 à la Brasserie La Choppe près du théâtre de La parcheminerie. Chose étrange que de voir soudain quelqu'un que l'on admire en face de soi, ou presque, à la même table. Si ce centenaire pouvait insuffler quelques incorrections dans le mode de penser et d'agir du quidam moyen comme du politique hypertrophié cela rendrait 2016 bien moins blême que 2015. Mon vieux Léo tu nous manques putain !
06 - Appel de Georges, agréable surprise. Il vient de finir une pièce mettant en scène une rencontre viennoise entre Mozart et Casanova. Il me met l'eau à la bouche. Le sujet est intéressant ; mieux intriguant.
07 - Après-midi au Gros Theil, bol d'air. Jeannot est en forme !
Ce soir La Grande Librairie nouvelle formule, mais surtout à son sommaire un reportage autour et sur Gérard Oberlé. Bonheur ! C'est Georges qui me l'a fait découvrir à l'époque de Nil rouge puis Jean-Claude Pirotte, qui était son ami m'avait servi de lien et nous nous étions finalement rencontré à Nancy. Je suis heureux de le voir remis - ou quasi - de ses ennuis de santé et ravi à l'idée de retrouver Chassignet dans de nouvelles aventures.
08 - Petit courriel de Werner qui me dit qu'il est burnaouté. Du coup : inquiétude. Courrier de GLG qui m'offre ses vœux, ce à quoi je suis sensible et m'adresse par là même trois feuillets de son journal. Me rappelle également la note que je lui avais promise à propos de Je voudrais que quelqu'un son dernier recueil paru...  Ses vœux de bonne années ne seraient-ils pas tout à fait désintéressés (?) Qu'importe ! La note est faite, le recueil est sensible, un rien testamentaire ce me semble. Et puis je dois avouer, même si cela est un peu malsain, que cette situation m'amuse un peu. Faire aujourd'hui pour certains ce qu'hier ils vous refusaient à quelque chose de délectable.
André au marché de la poésie
15 - Les choses s'accélèrent en cette mi-janvier. Une certaine euphorie, bien ridicule quand on n'y pense mais qui me fait du bien. Ce n'est pas si souvent que je me laisse gagner par ce genre de sensation. L'année commence par un petit frémissement côté écriture. Des lecteurs ne parlent de mes livres, me disent les aimer. Ce qui me ravit, non pas tant pour moi que pour eux tant ils sont pour moi des entités propres, doués de, disons, une autonomie, je ne sais pas comment dire.
Malheureusement les sales nouvelles reprennent vite le pas, J'apprends la mort d'André Schmitz, cela me peine beaucoup. Un poète doublé d'un bonhomme au sens étymologique du terme nous quitte, discrètement. Reste ses livres parus, entre autres, aux éditions PHI.
16/17 - Week-end de permanence. Samedi, malaise. Dimanche tout est ad hoc. Côté écrit, Choisir l'été continue à avancer. Quel plaisir que cette nouvelle aventure avec Jean, presque 30 ans après Correspondances. Je crois que ce bonheur nous le partageons. Je veux dire qu'il est aussi fort chez l'un que chez l'autre. Peu importe si, fini, le recueil trouve ou pas (on préférerait qu'il...) un éditeur. Il aura été de toute façon une manière d'encore une fois faire route ensemble. Dimanche matin long échange avec Jean- Albert, qui me fait prendre conscience de mon retrait de plus en plus patent du petit monde poétique. Le fait de ne jamais vraiment en avoir fait partie a dû me faciliter la tâche. Mes amis poètes sont avant tout des amis avant d'être des poètes. Quant aux autres comme je n'ai rien à leur demander cela va très bien. Un seul interlocuteur est important : le Lecteur. Ce soir appel Jean Marc il me dit avoir vu Werner et Patricia au Pen Club qui fêtait G.Desmée. Le Rêve effacé seconde version sort dans la semaine du 25/01. dans la foulée je lancerai l'impression du n°30 de A L'INDEX.
18 - Mort de Michel Tournier. Frédérick Tristan m'écrit :Nous savions que Michel Tournier vivait ses derniers jours dans sa retraite de la forêt de Chevreuse. Nous n'osions pas aller le déranger et voilà, il est parti en nous laissant une oeuvre de parfait écrivain que j'ai personnellement admirée. Nous partagions le même goût pour les contes révélateurs des profondeurs de la psyché, et durant de longues années nous en parlions lors de signatures où par le fait de l'alphabet (mais pas seulement) nous nous retrouvions côte à  côte. Il avait voté pour moi au Goncourt dès le premier tour et avait demandé au président du jury de l'époque, Hervé Bazin, d'attribuer le prix non seulement aux Egarés mais aussi à Naissance d'un spectre, roman "allemand" qu'il appréciait. Un deuxième tour eut donc lieu qui, à son regret, ne garda que les Egarés. Je lui ai toujours été reconnaissant de cette démarche.
Gracq et Tournier sont les deux grands romanciers du vingtième siècle. Ils ont subtilement entrelacé littérature et philosophie au fil d'une langue exemplaire. Pour Gracq il a sûrement raison mais alors pourquoi ne partagé-je pas son sentiment vis-à-vis de l'auteur de Vendredi ? Non décidément, Julien d'abord.
19 - Mort Ettore Scola très triste de voir disparaître le dernier grand maestro. L'un de ceux que avec Pasolini et Fellini me firent aimer le cinéma italien et le cinéma tout court
20 - Mort d'Edmonde Charles-Roux, 3 disparitions en trois jours, fâcheux Goncourt de circonstances (de même)
23 - Jean-Michel Marchetti au téléphone, c'est toujours un plaisir que ces moments partagés - même à distance.
24/26 - Travaille sur Choisir l'Eté et mets les derniers tours d'écrous au n°30 de A L'INDEX. Le retirage du Rêve effacé est arrivé. Bordeaux se prépare comme toujours je suis angoissé (25) Le Havre- Lille- Charleroi- Le Havre. (26) prise de contact avec mon nouveau poste. Beaucoup moins libre au final. Des réorganisations vont s'imposer qui sans doute vont me coûter. Message sur le répondeur, Jacques Basse me dit que ses livres arrivent la semaine prochaine.
27 - Rennes (aller-retour). Déjeuner avec Gisèle et Jean-Claude Bourlès. Retour mouvementé, parti vers 13h45 de chez eux, je ne suis arrivé à la maison qu'après 21 heures. Faute à l'agriculture française et à mes yeux qui, de nuit, deviennent quelque peu capricieux.
- l'escapade bordelaise s'avère plus compliquée que je ne le croyais. Je m'étonne que des organismes "invitant" n'aient pas les moyens de leur invitation. Mes exigences étant par ailleurs fort modestes. Juste un lit à disposition durant mon séjour, soit deux nuits. Il est vrai que ma réputation d'écrivain ne dépassant guère le seuil de ma porte... Qu'en serait-il s'il s'agissait de certains auteurs médiatiques dont je tairai les noms ? Le problème aurait pas existé !
29 - Je quitte mon poste après 16 ans. Petit pincement au coeur que mes collègues ont tout fait pour aggraver. Moment d'émotions.
30 - Juliette a 23 ans aujourd'hui.
J'appelle Joël, quelle joie de l'entendre. Puis travaille sur les Poèmes en vrac qui après s'être intitulés Poèmes pour chemins vicinaux vont finalement devenir (titre définitif cette fois) Les chemins dérisoires. En voici le poème éponyme

Ne vous moquez pas des chemins dérisoires,
ils sont miens, vôtres aussi.
Ils mènent du jour à la nuit la roche,
le galet tout ensemble.
Ce sont ces mots qui nous ressemblent
et nous font trembler à midi.

Ne vous gaussez pas de leur boue
où vos pas pleurent le temps qui passe
l'amour lentement s'y efface
aux heures d'hiver comme au vent doux

Petits chemins par les sous-bois,
que frôle l'empreinte des loups,
ils sont simples comme ce mot qui manque
et qui nous parlerait de nous.


le manuscrit est clos sinon achevé. Changé aussi le titre La malle des Indes dont Michelle m'avait fait remarqué qu'il existait déjà. Le nouveau titre s'est imposé à moi : L'Illusion du père avec ce jeu sur la notion d'illusion. Mais le texte étant à reprendre dans sa troisième partie, nous sommes loin du compte. Idem pour ce qui pourrait être considéré comme une suite de "Navaja, Dauphine et accessoires". Abandonnée en rase campagne depuis des semaines, sinon des mois. Beaucoup de travail en perspective, mais pourrais-je le mener à bien ... Je ne suis pas tranquille...
31 - Ce matin, travail sur Choisir l'été nous sommes dans les dernières bordées, tout dépend des retours de Jeannot. Déjeuner au Petit St Pierre avec ML, Juju et Rafiki.
Demain sera un autre jour....

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